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Réglementation cosmétique 2026 : obligations, risques et délais clés (Partie 2)

Après les évolutions réglementaires qui impactent directement les formules, les Dossiers d’Information Produit (DIP / PIF) et la conformité France / Union européenne, un autre terrain devient critique à partir de 2026 :le packaging cosmétique et la communication environnementale.


En pratique, ce sont désormais les éléments les plus visibles — emballages, pictogrammes, mentions de recyclabilité, claims environnementaux, pages e-commerce — qui exposent le plus les marques aux contrôles, aux demandes de justification et aux blocages commerciaux (distributeurs, marketplaces, partenaires).


Deux textes européens structurants changent profondément la donne :

  • le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), avec des premières obligations applicables à partir du 12 août 2026,

  • le renforcement du cadre anti-greenwashing issu de la directive Empowering Consumers for the Green Transition, applicable à compter du 27 septembre 2026.


Ces évolutions ne relèvent plus uniquement du réglementaire.Elles impactent directement les décisions prises par les équipes marketing, packaging, e-commerce, achats et direction, souvent bien avant toute validation juridique formelle.


Dans cette Partie 2 – Réglementation cosmétique 2026 : obligations, risques et délais clés, nous analysons de manière concrète :

  • comment le PPWR transforme le packaging en sujet de conformité réglementaire à part entière,

  • pourquoi les allégations environnementales deviennent juridiquement opposables et à haut risque si elles ne sont pas prouvées,

  • et comment sécuriser vos choix avant qu’un emballage, un pictogramme ou un claim ne devienne le point faible de votre produit.


👉 Si vous utilisez aujourd’hui des mentions comme « recyclable », « éco-conçu », « packaging responsable », « durable » ou « bon pour la planète », cette partie est essentielle pour éviter les erreurs les plus coûteuses en 2026.


PPWR – Nouveaux cadres sur les emballages

Application à compter du 12 août 2026


Un règlement transversal qui concerne directement les marques de cosmétiques


Le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages(Packaging and Packaging Waste Regulation – PPWR) introduit un cadre juridique harmonisé applicable à l’ensemble des secteurs, y compris la cosmétique.


À compter du 12 août 2026, les premières obligations opérationnelles issues de ce règlement commencent à s’appliquer de manière généralisée.


Même si toutes les mesures ne seront pas immédiatement exigibles, le cadre de référence change dès 2026 pour :

  • la conception des emballages,

  • leur mise sur le marché,

  • et la communication associée.


Pour les marques de cosmétiques, cela signifie que le packaging ne peut plus être pensé uniquement sous un angle esthétique ou marketing.Il devient un sujet de conformité réglementaire à part entière.


Exigences de conception et de recyclabilité


Le PPWR introduit plusieurs principes structurants qui impactent directement les stratégies packaging, notamment :

  • la réduction des emballages inutiles ou surdimensionnés,

  • l’obligation de concevoir des emballages recyclables à terme,

  • l’encouragement aux formats réutilisables ou rechargeables,

  • une harmonisation progressive des exigences de performance environnementale des emballages au niveau européen.


En pratique, cela implique pour les marques :

  • une revue critique des packagings existants,

  • des arbitrages entre design, expérience utilisateur et conformité future,

  • une anticipation des contraintes réglementaires dès la phase de développement produit.


Un packaging perçu comme “premium” mais structurellement incompatible avec les exigences de recyclabilité peut devenir un point de fragilité réglementaire à moyen terme.


Encadrement des informations environnementales


Le PPWR ne se limite pas à la conception technique des emballages.Il encadre également la manière dont les informations environnementales sont communiquées au consommateur.


Cela concerne notamment :

  • les mentions relatives à la recyclabilité,

  • les informations sur les matériaux utilisés,

  • les pictogrammes environnementaux,

  • les messages valorisant la performance écologique d’un emballage.


L’objectif est clair :éviter les informations trompeuses,les messages vagues ou non vérifiables,et les affirmations non comparables ou non justifiées.


Pour les marques, cela renforce la nécessité de faire travailler ensemble les équipes :

  • packaging,

  • marketing,

  • et réglementaire.


Impacts sur la stratégie packaging et communication


Dès 2026, les marques doivent intégrer ces nouvelles contraintes dans leur réflexion stratégique globale.


Concrètement, cela passe par :

  • une analyse de conformité des packagings actuels,

  • une anticipation des exigences futures lors des développements produits,

  • une vérification systématique des mentions environnementales utilisées,

  • une cohérence renforcée entre le discours marketing et la réalité technique du packaging.


Les marques qui anticipent ces évolutions évitent :

  • des redesigns coûteux en urgence,

  • des blocages en référencement auprès des distributeurs,

  • et des critiques liées à un “green packaging” non crédible.


Anti-greenwashing – Encadrement des allégations environnementales

Application à compter du 27 septembre 2026


Un changement majeur pour la communication des marques

À partir du 27 septembre 2026, les États membres devront appliquer les nouvelles règles européennes visant à lutter contre le greenwashing, issues de la directiveEmpowering

Consumers for the Green Transition.


Ces dispositions viennent renforcer le cadre existant sur les pratiques commerciales trompeuses et s’appliquent directement aux allégations environnementales, y compris dans le secteur cosmétique.


Concrètement, les allégations environnementales ne sont plus appréciées uniquement sous un angle marketing ou d’image, mais selon des critères juridiques objectifs, vérifiables et opposables.


Fin des claims vagues non justifiés


Les nouvelles règles ciblent en priorité les mentions floues, générales ou non étayées, susceptibles d’induire le consommateur en erreur.


Sont particulièrement visés les claims tels que :

  • « éco-friendly »

  • « respectueux de l’environnement »

  • « bon pour la planète »

  • « durable »

  • « produit vert »

  • « clean pour l’environnement »


Lorsqu’ils sont utilisés sans preuve concrète, sans périmètre clairement défini ou sans justification accessible, ces messages peuvent être qualifiés de pratiques trompeuses.

Principe clé :plus une allégation est large, plus le niveau de preuve attendu est élevé.


Exemples de mentions à risque en cosmétique

Dans le secteur cosmétique, plusieurs types de communications sont directement exposés :

  • « Packaging écologique » sans critère mesurable ou comparatif

  • « Formule respectueuse de l’environnement » sans méthodologie définie

  • « Marque engagée pour la planète » sans actions concrètes démontrables

  • « Zéro impact » ou « neutre pour l’environnement »

  • « 100 % naturel » utilisé sans définition claire ni vérification


Ces mentions, très répandues aujourd’hui, devront soit être solidement étayées, soit être évitées ou reformulées.


Obligation de preuves solides et accessibles


Le principe central des nouvelles règles est simple :toute allégation environnementale doit pouvoir être justifiée.


Cela suppose notamment :

  • des données mesurables (analyses, indicateurs, études),

  • des méthodologies claires(ACV, critères définis, référentiels reconnus),

  • une documentation interne conservée par la marque,

  • une cohérence stricte entre la promesse marketing et la réalité du produit.


Il ne suffit plus d’invoquer une stratégie RSE globale ou une intention vertueuse.La preuve doit porter sur le produit concerné et sur l’allégation formulée.


Sécurisation des contenus marketing : un enjeu critique


Pour les marques, ces évolutions impliquent un changement profond d’organisation.


Les équipes marketing ne peuvent plus valider seules les messages environnementaux.La validation doit devenir transversale, impliquant :

  • le réglementaire,

  • la qualité,

  • parfois la R&D,

  • et la direction.


Concrètement, les marques doivent :

  • auditer l’ensemble des claims existants,

  • supprimer ou reformuler les allégations trop vagues,

  • constituer des dossiers de preuves structurés,

  • aligner l’ensemble des supports :packaging, site e-commerce, réseaux sociaux, fiches produit, campagnes marketing.


C’est très souvent sur la communication, plus que sur la formule elle-même, que les marques s’exposent aujourd’hui au plus grand risque réglementaire, notamment en raison de la visibilité et de la traçabilité accrues des contenus digitaux.


Ce qui arrive après 2026

À anticiper dès maintenant


La réglementation cosmétique européenne n’est pas figée.

L’année 2026 constitue une étape structurante, mais les évolutions engagées vont se poursuivre dans les années suivantes.


Pour les marques, anticiper ces dynamiques permet d’éviter des ajustements successifs coûteux, souvent subis dans l’urgence.


Vers une révision structurelle du règlement cosmétique européen


La Commission européenne a officiellement engagé une réflexion de fond sur l’évolution du cadre réglementaire applicable aux cosmétiques.


Les objectifs affichés sont notamment de :

  • renforcer la protection du consommateur,

  • mieux intégrer les enjeux environnementaux,

  • harmoniser davantage les pratiques entre États membres,

  • adapter la réglementation aux nouveaux usages(cosmétiques innovants, nouvelles technologies, nouveaux ingrédients).


Même si aucun calendrier définitif n’est encore fixé, une chose est acquise :

le règlement cosmétique tel qu’il existe aujourd’hui va continuer d’évoluer, au-delà des simples modifications d’annexes.


Pour les marques, cela implique un changement de posture :

  • la conformité ne peut plus être pensée comme un projet ponctuel,

  • elle doit être structurée comme un processus continu, intégré à la stratégie de développement.


Renforcement progressif de REACH sur d’autres substances


Le règlement REACH demeure un levier majeur de transformation pour de nombreux secteurs, dont la cosmétique.


Les travaux en cours au niveau européen portent notamment sur :

  • l’évaluation de nouvelles familles de substances,

  • l’extension potentielle de certaines restrictions,

  • le renforcement des exigences sur les substancespersistantes, bioaccumulables ou toxiques,

  • l’intégration progressive d’approches globales,ciblant des groupes de substances plutôt que des substances isolées.


Sans anticiper d’interdictions non actées, une tendance est néanmoins claire :

la pression réglementaire sur la composition des produits va continuer à s’intensifier.


Les marques qui structurent dès maintenant leur stratégie ingrédients(choix fournisseurs, alternatives, veille scientifique) seront beaucoup plus agiles face aux futures évolutions.


Vers une harmonisation européenne des allégations environnementales


Aujourd’hui, les règles applicables aux claims environnementaux reposent sur une pluralité de textes :

  • pratiques commerciales déloyales,

  • critères communs,

  • directive anti-greenwashing,

  • initiatives nationales.


L’Union européenne travaille à une approche plus harmonisée, afin de :

  • réduire les interprétations divergentes entre États membres,

  • renforcer la comparabilité des allégations,

  • améliorer la protection du consommateur face au greenwashing.


L’objectif est clair :aboutir à un cadre plus structuré, plus exigeant et plus homogène sur les allégations environnementales dans les prochaines années.


Pour les marques, cela confirme une trajectoire nette :les claims environnementaux vagues et faciles vont continuer à disparaître,au profit de communications factuelles, mesurables et documentées.


À retenir pour les marques

Même si toutes ces évolutions ne sont pas encore figées juridiquement, la direction est claire :

  • plus de transparence attendue,

  • plus de preuves exigées,

  • plus de cohérence entre produit, discours et documentation,

  • plus de contrôles possibles.


Les marques qui anticipent ces tendances dès aujourd’hui :

  • sécurisent leurs développements futurs,

  • évitent des cycles de mise en conformité en urgence,

  • et construisent une crédibilité durable auprès de leurs partenaires et consommateurs.


Plan d’action conformité 2026


Que faire concrètement dès maintenant ?


Face aux évolutions réglementaires de 2026, beaucoup de marques savent qu’elles doivent agir…mais ne savent pas toujours par où commencer, ni dans quel ordre.


L’objectif n’est pas de tout refaire, mais de prioriser intelligemment les actions pour :

  • sécuriser la mise sur le marché,

  • éviter les urgences coûteuses,

  • et reprendre le contrôle sur la conformité.


Voici une roadmap opérationnelle sur 90 jours, applicable à la majorité des portefeuilles produits.


À 30 jours – Poser un diagnostic clair

La première priorité est d’avoir une vision précise de la situation actuelle.


1️⃣ Audit des formules et des listes INCI

  • vérifier la conformité globale avec les versions consolidées des annexes du règlement cosmétique,

  • identifier les ingrédients proches des seuils réglementaires ou sous surveillance.


2️⃣ Identification des risques prioritaires

Repérer les produits directement exposés aux évolutions 2026, notamment :

  • PFAS (marché français),

  • allergènes de parfum (nouvelle liste),

  • substances CMR ou reclassifiées,

  • produits utilisant des polymères sensibles au regard de REACH.


3️⃣ Cartographie documentaire

Réaliser un inventaire réel et à jour de l’existant :

  • DIP / PIF,

  • CPSR,

  • étiquetages,

  • notifications CPNP,

  • fiches matières premières,

  • attestations fournisseurs.


À l’issue de cette étape, la marque doit pouvoir répondre à une question simple :quels produits présentent un risque réglementaire réel en 2026 ?


À 60 jours – Sécuriser les données clés

Une fois les produits à risque identifiés, l’enjeu est de consolider les informations critiques.


1️⃣ Solliciter formellement les fournisseurs

Obtenir des déclarations écrites et exploitables sur :

  • les PFAS (ajout intentionnel / impuretés),

  • le statut REACH des polymères,

  • la composition détaillée des parfums et la liste complète des allergènes réglementaires.


2️⃣ Mettre à jour les CPSR prioritaires

  • adapter les rapports de sécurité des produits les plus sensibles,

  • intégrer les nouvelles obligations (seuils, populations cibles, précautions),

  • vérifier la cohérence entre CPSR, formule et DIP.


3️⃣ Arbitrer entre reformulation et gestion des stocks

Décider, produit par produit, s’il est préférable :

  • de reformuler,

  • de modifier l’étiquetage,

  • d’écouler les stocks existants,

  • ou de retirer certaines références.


C’est une phase stratégique, qui conditionne directement les coûts, les délais et la continuité commerciale.


À 90 jours – Sécuriser la mise sur le marché

La dernière étape consiste à rendre la conformité pleinement opérationnelle.


1️⃣ Mise à jour des étiquetages

  • adapter les listes INCI,

  • intégrer les nouvelles précautions d’emploi,

  • vérifier les mentions obligatoires,

  • revoir les claims sensibles.


2️⃣ Validation des claims marketing

S’assurer que chaque promesse est strictement alignée avec :

  • la formule réelle,

  • les données disponibles,

  • le DIP / PIF,

  • et le cadre réglementaire applicable.


3️⃣ Sécurisation de la mise sur le marché 2026

Vérifier que les produits commercialisés à partir de 2026 sont :

  • documentés,

  • justifiables,

  • cohérents,

  • et défendables en cas de contrôle.


À ce stade, la marque ne subit plus la réglementation :elle la pilote.


Ce que permet concrètement cette approche

Une marque qui suit cette logique :

  • évite les retraits de produits en urgence,

  • limite les pertes financières liées aux emballages obsolètes,

  • sécurise ses relations avec distributeurs et marketplaces,

  • gagne en crédibilité auprès de ses partenaires,

  • et transforme la conformité en levier de structuration et de professionnalisation.


Checklist conformité cosmétique 2026


Pour sécuriser la mise sur le marché de vos produits cosmétiques en 2026, voici les points de contrôle essentiels à valider.


Cette checklist peut être utilisée :

  • comme outil d’auto-évaluation,

  • ou comme support de travail avec votre équipe réglementaire ou vos partenaires.

Analyse PFAS (marché France)

  • Vérifier l’absence de PFAS intentionnellement ajoutés dans les formules destinées au marché français.

  • S’appuyer sur des déclarations fournisseurs écrites, documentées et traçables.

  • Distinguer clairement ajout intentionnel, impuretés et traces techniquement inévitables.

Revue des allergènes de parfum

  • Contrôler que la composition parfumée est compatible avec les nouvelles obligations d’étiquetage applicables à partir du 31 juillet 2026.

  • Anticiper les mises à jour packaging et la gestion des stocks d’étiquettes.

  • Vérifier la cohérence entre données parfumeur, étiquetage et DIP.

Vérification de la conformité aux annexes du règlement (CE) n°1223/2009

  • Analyser chaque formule au regard des annexes II à VI, dans leur version consolidée :

    • substances interdites,

    • substances restreintes,

    • substances autorisées sous conditions.

  • Identifier les ingrédients proches des seuils réglementaires ou sous surveillance.

CPSR à jour et cohérent

  • Vérifier que le rapport sur la sécurité reflète fidèlement :

    • la formule actuelle,

    • les conditions d’emploi réelles,

    • les exigences réglementaires en vigueur.

  • S’assurer de la cohérence entre Partie A, Partie B, formule et étiquetage.

DIP / PIF cohérent et complet

  • Vérifier que le Dossier d’Information Produit :

    • contient l’ensemble des éléments requis,

    • est à jour,

    • et est cohérent avec le produit réellement commercialisé.

  • Contrôler la présence et la qualité des justificatifs fournisseurs.

Étiquetage conforme

  • Contrôler la conformité de toutes les mentions obligatoires, notamment :

    • liste INCI,

    • précautions d’emploi,

    • fonction du produit,

    • Personne Responsable,

    • contenu nominal,

    • DDM ou PAO.

  • Vérifier la cohérence entre emballage, site e-commerce et supports marketing.

Claims environnementaux justifiés

  • S’assurer que toutes les allégations environnementales reposent sur :

    • des preuves solides et documentées,

    • des méthodologies claires,

    • un périmètre précis et proportionné à la promesse formulée.

  • Supprimer ou reformuler les claims vagues ou non justifiables.

Packaging compatible avec les exigences PPWR

  • Évaluer si les choix d’emballage actuels sont compatibles avec les exigences européennes émergentes :

    • conception,

    • recyclabilité,

    • communication environnementale.

  • Anticiper les impacts sur les développements futurs et les redesigns.

CPNP à jour en cas de modification produit

  • Vérifier que toute modification de formule, d’étiquetage ou de positionnement ayant un impact réglementaire :

    • est correctement répercutée dans la notification CPNP,

    • et alignée avec le DIP et l’étiquetage.


À retenir

Cette checklist ne vise pas la sur-conformité. Elle vise l’essentiel : sécuriser réellement vos produits pour 2026.


En pratique, la conformité ne “tombe” pas forcément sur un ingrédient interdit. Elle tombe souvent sur un point faible plus simple :un étiquetage pas à jour, un DIP incomplet ou incohérent, une preuve insuffisante pour un claim, une déclaration fournisseur absente ou trop vague.


Un seul maillon faible peut fragiliser l’ensemble d’un produit lors d’un contrôle même si la formule est, sur le papier, parfaitement acceptable.


Erreurs fréquentes des marques en 2026 (et comment les éviter)


En 2026, la majorité des non-conformités ne proviennent pas d’une “grosse faute”.Elles viennent d’un détail négligé : une étiquette non mise à jour, un parfum jamais revu, un claim trop large, ou une preuve absente dans le DIP.

Si vous voulez éviter les urgences réglementaires, les retraits de produits ou les blocages distributeurs, voici les erreurs les plus fréquentes en conformité cosmétique en 2026 — et surtout, comment les éviter concrètement.


1. Penser qu’un produit “déjà sur le marché” reste conforme en 2026

Pourquoi c’est risquéUn produit lancé en 2022, 2023 ou 2024 peut devenir non conforme en 2026 sans aucune reformulation.Les annexes du règlement cosmétique (CE) n°1223/2009 évoluent en continu : nouvelles interdictions, restrictions, conditions d’emploi modifiées, précautions obligatoires, exigences d’étiquetage renforcées.

Un produit “inchangé” peut donc sortir du cadre réglementaire simplement parce que la règle a évolué.

Comment l’éviterMettre en place une logique de conformité continue, avec une revue périodique formule + documentation, en priorité sur :

  • les best-sellers,

  • les produits parfumés ou contenant des huiles essentielles,

  • les formules proches des seuils réglementaires,

  • les gammes multi-marchés (UE / France / export).

2. Oublier que le parfum est un sujet réglementaire à part entière

Pourquoi c’est risquéBeaucoup de marques se contentent d’indiquer “Parfum” dans la formule et sur l’étiquette.Or, la conformité dépend de la composition réelle du parfum, notamment avec l’élargissement des allergènes à déclarer à partir du 31 juillet 2026.

Un parfum fourni par un parfumeur reconnu n’exonère pas la marque de sa responsabilité d’étiquetage.

Comment l’éviter

  • demander systématiquement au fournisseur la liste complète des allergènes réglementaires,

  • vérifier la cohérence avec l’étiquetage actuel,

  • intégrer une revue parfum obligatoire avant toute réimpression de packaging ou relance de production.

3. Confondre conformité européenne et conformité nationale

Pourquoi c’est risquéUn produit conforme au cadre européen peut devenir non commercialisable sur un marché spécifique.En 2026, certaines règles nationales viennent s’ajouter au cadre UE (par exemple sur les PFAS en France).

“Conforme UE” ne signifie donc plus “vendable partout”.

Comment l’éviterCréer une lecture par marché du portefeuille produit :

  • conformité UE (base),

  • exigences spécifiques France,

  • autres marchés export le cas échéant.

Cette approche évite les blocages de dernière minute et les décisions commerciales subies.

4. Sous-estimer l’importance de la traçabilité fournisseurs

Pourquoi c’est risquéEn 2026, la conformité ne repose pas uniquement sur la formule, mais sur la capacité à démontrer :

  • la composition des matières premières,

  • le statut réglementaire (PFAS, polymères, allergènes),

  • la cohérence et l’actualité des documents.

Sans preuves fournisseurs solides, la marque reste exposée en cas de contrôle, même si la formule est théoriquement conforme.

Comment l’éviterFormaliser un process clair de collecte et d’archivage :

  • déclarations PFAS (ajout intentionnel / impuretés),

  • statut REACH des polymères,

  • allergènes parfum,

  • spécifications matières premières,

  • versions datées intégrées au DIP.

5. Laisser les claims marketing sans validation réglementaire

Pourquoi c’est risquéC’est aujourd’hui l’une des premières sources de non-conformité, notamment sur le digital.Avec le renforcement des règles anti-greenwashing en 2026, les claims environnementaux vagues ou non justifiés deviennent juridiquement risqués.

Comment l’éviterMettre en place une validation interne systématique des allégations, avec une règle simple et non négociable :pas de claim sans preuve, pas de preuve sans dossier.



À retenir

Dans la majorité des cas, ce n’est pas un ingrédient isolé qui fait tomber la conformité.C’est la cohérence globale entre :

  • la formule,

  • le DIP,

  • l’étiquetage,

  • les preuves disponibles,

  • et les claims utilisés.


C’est précisément cela, la conformité cosmétique en 2026.


FAQ – Réglementation cosmétique 2026


Un produit conforme en 2024 peut-il devenir non conforme en 2026 ?

Oui.Même sans modification de formule, un produit peut devenir non conforme si :

  • une substance est interdite ou restreinte entre-temps,

  • les conditions d’emploi évoluent,

  • les obligations d’étiquetage changent (notamment pour les allergènes de parfum),

  • ou si la documentation réglementaire n’est plus alignée avec les exigences en vigueur.

La conformité cosmétique n’est pas acquise une fois pour toutes : elle doit être maintenue dans le temps.

Les stocks déjà produits sont-ils concernés par les règles 2026 ?

Oui, dans certains cas.Tout dépend :

  • de la date de mise sur le marché,

  • de la nature de l’évolution réglementaire,

  • et de l’existence (ou non) de périodes transitoires prévues par les textes.

Un produit fabriqué avant une échéance peut rester conforme,mais un produit remis sur le marché après une date limite avec un étiquetage obsolète peut devenir non conforme, même si la formule n’a pas changé.

La gestion des stocks fait partie intégrante de la stratégie conformité 2026.

Les marques hors Union européenne sont-elles concernées par la réglementation cosmétique 2026 ?

Oui, totalement.Toute marque souhaitant vendre un cosmétique dans l’Union européenne doit :

  • respecter le règlement cosmétique (CE) n°1223/2009,

  • désigner une Personne Responsable établie dans l’UE,

  • constituer un DIP conforme,

  • notifier le produit sur le CPNP,

  • appliquer l’ensemble des exigences réglementaires en vigueur.

Le lieu de fabrication n’a aucune importance : c’est le marché de commercialisation qui détermine les obligations.


Faut-il refaire tous les CPSR en 2026 ?

Pas systématiquement, mais une revue approfondie est indispensable.

Un CPSR peut rester valable s’il :

  • repose sur une formule toujours conforme,

  • intègre les dernières exigences réglementaires,

  • est cohérent avec l’étiquetage et les claims actuels.

En revanche, un CPSR ancien basé sur :

  • une réglementation obsolète,

  • une formule ayant évolué,

  • ou une documentation incomplète,doit être mis à jour.

En pratique, beaucoup de marques découvrent en 2026 que leurs CPSR “existants” ne sont plus suffisamment robustes.

Les claims “clean” ou environnementaux présentent-ils un risque en 2026 ?

Oui, de plus en plus.Des termes comme :

  • « clean »,

  • « non toxique »,

  • « sans produits chimiques »,

  • « respectueux de l’environnement »,

  • « naturel »,

sont souvent utilisés sans définition claire ni preuve suffisante.

Avec le renforcement des règles anti-greenwashing, ces claims peuvent être considérés comme trompeurs ou non étayés.

Un claim n’est pas interdit en soi, mais il doit être défini, justifié et documenté.

Les PFAS à l’état de trace sont-ils acceptables en cosmétique ?

La réponse dépend du contexte et doit être analysée avec prudence.

La distinction clé est entre :

  • les PFAS intentionnellement ajoutés (clairement problématiques),

  • et la présence à l’état d’impuretés techniquement inévitables.

Pour qu’une présence à l’état de trace soit défendable, il faut :

  • démontrer l’absence d’ajout intentionnel,

  • disposer de données fournisseurs fiables,

  • documenter la situation dans le DIP et la traçabilité produit.

Sans documentation solide, même une présence “faible” devient difficile à justifier en cas de contrôle.


La conformité européenne suffit-elle pour vendre en France en 2026 ?

Non.Certaines règles nationales s’ajoutent au cadre européen, notamment l’interdiction des PFAS intentionnellement ajoutés en France.


Un produit conforme au niveau européen peut donc devenir non commercialisable sur le marché français.


Conclusion – 2026, une année à sécuriser pour éviter blocages et retraits


L’année 2026 marque un tournant majeur dans la manière d’aborder la conformité cosmétique en Europe.Il ne s’agit plus d’une étape ponctuelle “avant lancement”, mais d’un enjeu transversal, qui concerne l’ensemble de la chaîne produit : formulation, documentation, étiquetage, packaging, communication et chaîne d’approvisionnement.

La conformité devient un système, pas un dossier isolé.


La conformité devient transversale (et collective)

En 2026, la conformité ne repose plus uniquement sur le service réglementaire.Elle implique une coordination réelle entre :

  • la R&D,

  • la qualité,

  • le marketing,

  • les achats,

  • la production,

  • et la direction.


Sans alignement entre ces fonctions, le risque de non-conformité augmente — y compris pour des marques déjà bien structurées.Dans la majorité des contrôles, ce n’est pas un ingrédient isolé qui pose problème, mais la cohérence globale entre formule, preuves, claims, DIP et étiquetage.


Anticiper, c’est protéger la continuité commerciale

Les marques qui anticipent les échéances réglementaires de 2026 évitent :

  • les retraits produits en urgence,

  • les blocages de mise sur le marché,

  • les destructions de stocks,

  • les coûts liés aux réimpressions d’emballages,

  • et les tensions avec distributeurs, marketplaces et partenaires.


À l’inverse, les marques qui subissent les échéances découvrent souvent les impacts trop tard, lorsque les marges de manœuvre sont déjà limitées : production lancée, étiquettes imprimées, stocks engagés, claims déjà diffusés.


La réglementation comme levier de crédibilité


Une conformité bien structurée n’est pas seulement une protection juridique.C’est aussi un levier de crédibilité auprès :

  • des distributeurs,

  • des investisseurs,

  • des partenaires industriels,

  • et des consommateurs.


Une marque capable de démontrer la solidité de ses dossiers, la cohérence de sa communication et la maîtrise de ses obligations réglementaires inspire naturellement confiance et sécurise durablement ses relations commerciales.


Reguloo, votre partenaire conformité

Dans ce contexte, l’accompagnement réglementaire ne doit pas être opaque, anxiogène ou surdimensionné. Il doit être clair, structuré et proportionné aux enjeux réels de chaque marque.


Chez Reguloo, nous accompagnons les marques cosmétiques avec une approche pragmatique de la conformité :


sécuriser l’essentiel, prioriser les actions et construire une base solide pour développer vos produits sereinement, en 2026 et au-delà.


Références réglementaires officielles – Cosmétique 2026

Les informations présentées dans cet article s’appuient exclusivement sur les textes réglementaires officiels en vigueur au niveau européen et national.


Cadre général – Produits cosmétiques (UE)

  • Règlement (CE) n°1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009, relatif aux produits cosmétiques.Texte de référence définissant les obligations de sécurité, de mise sur le marché, de documentation (DIP/PIF), d’étiquetage et de responsabilité.

Allergènes de parfum – Nouvelles obligations d’étiquetage (UE)

  • Règlement (UE) 2023/1545 de la Commission du 26 juillet 2023, modifiant le règlement (CE) n°1223/2009 en ce qui concerne l’étiquetage des allergènes de parfum dans les produits cosmétiques.→ Élargissement de la liste des allergènes à déclarer, avec échéance d’application au 31 juillet 2026.

Microplastiques – Restriction REACH (UE)

  • Règlement (UE) 2023/2055 de la Commission du 25 septembre 2023, modifiant l’annexe XVII du règlement (CE) n°1907/2006 (REACH) concernant les microparticules de polymères synthétiques (microplastiques).→ Mise en place d’une restriction progressive des microplastiques intentionnellement ajoutés.

Emballages – PPWR (UE)

  • Règlement (UE) 2025/40 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024, relatif aux emballages et aux déchets d’emballages (PPWR).Publié au JOUE le 22 janvier 2025 –Entrée en vigueur : 11 février 2025 –Application progressive à compter du 12 août 2026.

Allégations environnementales – Anti-greenwashing (UE)

  • Directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024, modifiant les directives 2005/29/CE et 2011/83/UE(Empowering Consumers for the Green Transition).→ Renforcement de l’encadrement juridique des allégations environnementales, applicable à partir du 27 septembre 2026.

PFAS – Interdiction nationale (France)

  • Loi n°2025-188 du 27 février 2025, visant à protéger la population des risques liés aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS).→ Principe d’interdiction des PFAS, incluant les cosmétiques à compter du 1er janvier 2026.

  • Décret n°2025-1376 du 28 décembre 2025, relatif à la prévention des risques résultant de l’exposition aux PFAS.→ Modalités de mise en œuvre opérationnelle.



À noter

Ces références constituent la base juridique opposable utilisée par :

  • les autorités de contrôle,

  • les distributeurs,

  • les marketplaces,

  • et les partenaires commerciaux.


Toute stratégie de conformité cosmétique en 2026 doit s’appuyer sur ces textes, dans leurs versions consolidées et applicables.

 
 
 

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